vendredi 27 avril 2007

Film: Fracture ... Un Columbo juridique

Fracture
Opinion ★★★
Second film que j'ai eu l'occasion de voir dernièrement est Fracture. La raison pour lequel je suis allé le voir est simplement l'association de deux acteurs naturels dans leur talent, l'un confimé à plusieurs reprises, Anthony Hopkins, et Ryan Gosling, acteur canadien qui commence à se confirmer, et dont l'excellente interprétation dans Half Nelson lui a valu une nomination aux derniers Oscars.

Fracture est l'histoire d'un brillant ingénieur Ted (Hopkins) riche et dont la belle épouse le trompe avec un autre homme. Perfectionniste, Ted va organiser dans les détails le meurtre de son épouse, mais de manière à laisser des trous dans l'enquête des policiers et donc dans le dossier du jeune procureur Willy (Gosling) aveuglé par ses succès précédents et l'offre d'un cabinet d'avocats privé.


Anthony Hopkins
Willy ne se résout pas à abandonner la partie, quit à risquer de perdre l'offre alléchante du privé. Ted détecte l'égo du procureur et va jouer sur cet élément pour le faire tomber.

Comme dans la série TV Columbo, il ne s'agit pas de découvrir le meurtrier mais la manière avec laquelle il va se faire attraper; disons que dans ce film, le diable est dans les détails juridiques! Bref, un polar de bonne facture, mais loin de devenir un classique à mon humble avis.
Ryan Gosling

Film: Grindhouse ... simplement mémorable

Grindhouse
Opinion ★★★
Certes, je suis toujours occupé avec le déménagement mais j'ai trouvé un peu de temps pour aller voir quelques films ces dernières semaines pour relaxer.

Le premier est le dernier né du duo Rodriguez / Tarantino, Grindhouse. C'est un film – que dis-je, deux films, Planet Terror et Death Proof, d'une heure trente chacun qui nous fait voyager dans le temps 30 ans en arrière pour nous faire vivre ou revivre l'ambiance dans les salles de cinéma à l'époque, plus particulièrement la projection de Séries-B.

Planet TerrorAucun détail n'est négligé: des vraies-fausses bandes annonces à la sauce 70s aux publicités kitch pour les boissons et autres amuse-gueules du cinéma. Des fausses bandes-annonces, Machete reste mon préféré.

La premier film était donc celui de Rodriguez, Planet Terror, un bijou de sci-fi bon marché. Le gouvernement a développé une arme biologique contagieuse qui fait que les gens se transforment en zombies. Dans une petite ville près d'une base militaire, la contamination commence et un groupe de résistants malgré eux s'organisent pour survivre. Parmi eux, une ancienne danseuse nue qui se fait arrachée la jambe par un des zombies; elle la remplace par un fusil mitrailleur par la suite qu'elle utilisera dans le combat contre les zombies, avec du sang qui gicle de partout comme dans les fontaines d'eau.

Je n'irai pas loin dans l'histoire car le point n'est pas le scénario mais bien la mise en scène et l'ambiance. La salle n'arrêtait d'éclater de rire tout au long du film, notamment quand la scène torride entre l'héroïne et le héro s'est subitement coupée avec un message «A reel is missing; apologies from the management» (une des bandes du film est manquante; toutes les excuses du management).

Le second film est celui de Tarantino, Death Proof, qui met en scène Kurt Russell dans le rôle d'un cascadeur et tueur-en-série qui utilise sa voiture à l'épreuve de la mort (d'où le titre) pour tuer ses victimes. Comme dans les classiques de Tarantino, les dialogues entre les personnages sont la clé du film.
A l'inverse Planet Terror, qui est un déluge d'hémoglobine, le film de Tarantino est implanté dans le style classique des films avec des cascades d'autos, avec la second partie du film qui comprend une vraie cascade par une des actrices, Zoë Bell, elle même cascadeuse dans la vraie vie.
Je suis convaincu que Grindhouse est un classique instantané, bien fait, avec des stars et des acteurs moins connus qui tous mis leur talent au service de deux réalisateurs géniaux. Bref, 3 heures de pur bonheur cinématographique.
Death Proof

mardi 24 avril 2007

Premières photos de Toronto

CN TowerPremier week-end ensoleillé depuis que je suis arrivé à Toronto, et j'en ai profité pour prendre quelques clichés au centre ville. Suivez le lien:

samedi 31 mars 2007

Nouvelle étape >>> Toronto

Toronto Après près de neuf ans à Montréal, le temps du changement a sonné avec une nouvelle étape qui a commencé aujourd'hui à Toronto. J'ai pris mon auto ce matin avec quelques bagages pour un voyage de plus de cinq heures, en attendant le grand déménagement, probablement fin Avril.

Beaucoup de d'excitation pour cette nouvelle étape. Je mettrai des photos en ligne dès que j'aurais le temps d'en prendre.

mardi 27 mars 2007

Film: Reign Over Me ... mais pas sur moi

Reign Over MeOpinion ★★
Voilà donc Adam Sandler dans un autre rôle "sérieux" après celui qu'il a incarné dans Punch Drunk Love. Un instant! C'est le même rôle. Je sais, je suis méchant, mais j'ai l'impression que Sandler ne possède que deux registres dans son répertoire d'acteur: le comique et le "dérangé" insociable.

Le film tourne autour du personnage de Charlie Fineman (Sandler) ex-dentiste qui a perdu son épouse et ses trois filles dans un des avions détournés le 11 septembre 2001.

Après ce drame, Charlie pète les plombs, s'isole de son entourage et passe son temps à arpenter les rues de New York avec sa mobylette motorisée, les écouteurs sur les oreilles, une manière de se déconnecter du monde et enfouir sa douleur.

Son ancien camarade de chambre universitaire, Alan Johnson (Don Cheadle) le croise à un coin de rue et essaie de raviver le lien d'amitié entre les deux. Connaissant le drame personnel de Charlie, il essaie de le sortir de son isolement. Alan y trouve également son compte car le temps qu'il passe avec son ami lui permet de retrouver un peu de liberté de ses obligations familiales.

Reign Over Me
En tentant de gagner la confiance de Charlie, Alan en apprend autant sur ses états d'âme et sa situation que sur son ami.

Don Cheadle livre encore une fois une performance digne de son talent, mais cela ne suffit pas à faire décoller le film qui est trop long et trop plein de clichés. L'omniprésence de chansons comme fonds musical rappelle les films des années 1980, au point de se demander si c'est la promo du "best of" de The Who, dont le film emprunte le titre d'un de leurs nombreux succès. Ça aurait pu être mieux.

mercredi 21 mars 2007

Film: 300 (IMAX) ... Du fantastique "gore"

300Opinion ★★
(J'ai hésité entre 3 et 2)
Donc le film attendu par tant d'amateurs de la gonflette dans les salles de gym et accessoirement les gays (je taquine!) est sorti depuis deux semaines et occupe le première place des entrées dans toute l'Amérique du Nord.

Je suis allé voir 300 en IMAX la semaine passée et voici mes impressions.

Visuellement rien à redire, les plans sont d'un esthétisme sans reproche, aussi bien pour les paysages que pour les personnages qu'on croirait sortis d'une sculpture de l'antiquité grecque. La bande son mélange savamment le contemporain et le classique et l'interprétation des acteurs est bonne. Et pour ne rien gâcher, une scène d'amour avec la très belle Lena Headey superbement filmée!

300Mais encore? Bien justement, il n'y a pas plus que cela. J'ai trouvé le film trop long (1h56) pour "l'histoire" qu'il dépeint, avec des conflits aussi simples que manichéens et des scènes de batailles avec du sang "électronique" qui gicle de partout. L'exercice de style à la façon de Sin City (excellent!) a ses limites à mon avis dans un contexte "historique". A noter que le film est tiré du roman illustré de Frank Miller, auteur de Sin City. Le film a été tourné dans des studios à Montréal.

Donc, pour résumer le film, prenez les scènes de combat de Gladiator et étirez les sur presque deux heures!

mardi 6 mars 2007

FIlm: Zodiac ... Que c'était long

Zodiac posterOpinion ★★
Douze ans après nous avoir offert Seven, David Fincher nous propose à nouveau une histoire d'un tueur en série mystérieux qui s'est surnommé Zodiac.

Mais autant le tueur en série de Seven est le fruit d'une fiction, le Zodiac a réellement sévi entre 1968 et 1970 dans le nord de la Californie autour de San Francisco. Le Zodiac a même inspiré l'histoire du premier Dirty Harry (1971) relatant les méfaits d'un tueur mystérieux surnommé Scorpio.

Mais pourquoi tant d'engouement pour un tueur en série? C'est que le Zodiac a su utiliser les médias pour assouvir sa soif de "célébrité" et tenir en haleine la population de San Francisco. Il a envoyé une série de lettres au San Francisco Chronicle (SFC) dans lesquelles il donnait des détails morbides sur les meurtres qu'il a commis, et a même proféré des menaces sur les bus scolaires de la ville.

ZodiacC'est dans cette étrange atmosphère que Fincher nous plonge en suivant le parcours, sur deux décennies, des différents protagonistes de la poursuite du Zodiac: deux journalistes Robert Graysmith (Jake Gyllenhall) et Paul Avery (Robert Downey Jr.) ainsi que l'enquêteur en chef, Dave Toschi (Mark Ruffalo).

Différent de Seven, le film Zodiac expose plutôt la frustration et la pression par laquelle passent les enquêteurs dans ce genre d'affaires. D'autant plus que les indices étaient peu nombreux et que le tueur a rajouté la pression médiatique sur les policiers.


Fincher est fidèle à sa réputation d'esthète irréprochable à travers des transitions impeccable et un montage au millimètre, mais également fidèle à son style réaliste dans certains scènes de meurtre, parfois dures.

La distribution est excellente, avec encore une fois un Mark Ruffalo exceptionnel, un prodige qui n'a pas besoin d'en rajouter pour faire vivre les personnages qu'il incarne.

Il n'en demeure pas moins qu'à la sortie du film, on est un peu épuisé après 2h30 d'un film qui est inégal dans ses moments. Par contre, nous avons un tout petit aperçu de ce qu'ont vécu les policiers pendant plus de vingt ans, le Zodiac n'ayant jamais été arrêté. A voir pour les amateurs de polars.

Zodiac

dimanche 4 mars 2007

Film: Indigènes ... surtout pour la mémoire

IndigènesOpinion ★★
Le film vient de sortir ici et je vais me faire détester auprès de certains amis, mais je ne peux pas m'empêcher de dire ce que j'ai pensé «cinématographiquement» du dernier film de Rachid Bouchareb, même si l'exercice de mémoire est à saluer.

Indigènes (Days of Glory aux É-U) est réellement une pâle imitation des films sur la seconde guerre mondiale produits ces dix dernières années, particulièrement Saving Private Ryan et de la série d'HBO, Band of Brothers. L'imitation est si flagrante qu'il ne faut pas trop d'effort pour s'en rendre compte.

Illustration 1 – Pré-bataille en Italie
La pré-bataille, avec le sergent Martinez (Bernard Blancan) "vache" avec ses soldats qui rappelle étrangement le capitaine Sobel (David Schiwimmer) dand Band of Brothers durant l'entrainement aux É-U et en Angleterre avant le parachutage des troupes.

Illustration 2 – Bataille en Italie
Lors de la première scène de bataille en Italie, le caporal Abdelkader est tétanisé par la peur se cachant derrière un gros rocher, comme le personnage de Tom Hanks dans Saving Private Ryan dans les scènes du débarquement qui était tétanisé et caché derrière les «hérissons tchèques». Et comme dans le film de Spielberg, un soldat vient secouer le caporal et exiger de lui d'avancer, une explosion se produit, le caporal se retourne et découvre le corps déchiqueté du soldat.

Comme par hasard, il y a également la prise d'une grosse mitraillette allemande en hauteur qui doit se faire avant la fin de la bataille! Devinez où en retrouve cette situation!? La fin de la scène du débarquement dans Saving Private Ryan.

Illustration 3 – Parcours et transitions
Pour ceux qui ont vu la série Band of Brothers, l'illustration du parcours et les transitions entre les champs de batailles est vraiment la même, et la scène avec des avions au-dessus de Jamel Debbouze et Roschdy Zem est dans le générique même de Band of Brothers.

Illustration 4 – Village en Alsace
Celle-ci est encore plus flagrante, c'est la quasi copie de la dernière bataille dans Saving Private Ryan: garder une tête de pont vitale, le sous-nombre des soldats maghrébins comparé aux allemands, les embuscades à partir des fenêtres, le sniper (Zem) sur qui les allemands tirent une roquette, le pont comme l'ultime point de ralliement, et après la mort des près de tout le monde, les renforts qui arrivent de nulle part pour sauver la situation.

Illustration 5 – Au cimetière, 60 ans après
Celle-ci est la plus simple: le soldat Ryan revenant sur les tombes de ses camarades 60 ans après, à la fin du film.

Est-ce que le mot plagiat a un sens pour Rachid Bouchareb et Olivier Lorelle?

IndigènesPourquoi un 3 étoiles alors?
Tout simplement pour le sujet traité: le rôle des soldats mobilisés dans les anciennes colonies françaises d'Afrique. Dans un pays comme la France où la mémoire est plutôt sélective et où des politiciens élus au parlement osent voter une loi pour saluer «les aspects positifs de la colonisation», le film a eu à mon avis un rôle pédagogique important, vis-à-vis des français «de souche» qui seraient tentés d'oublier la lâcheté des français durant Vichy, mais aussi pour les français de 2e ou 3e génération qui ont appris qu'ils ont autant droit d'être en France grâce aux sacrifices de leurs parents et grands parents.

Mais surtout, le film a servi à quelque chose, corriger le honteuse situation des pensions de ces anciens combattants venus d'Afrique pour libérer la France. Combien de films peuvent se targuer d'avoir fait bouger un gouvernement, et cela est réellement à saluer. C'était mon humble avis!

samedi 3 mars 2007

35 cm de neige... (Photos)

Snow in Montreal

La seconde grosse tempête de neige de la saison est passée au-dessus de Montréal hier laissant derrière elle 35 cm d'accumulation de neige.




Cliquez ICI pour quelques photos prises la nuit sur ma rue à Montréal. Bonne fin de semaine!

lundi 26 février 2007

Scorsese a fini par avoir sa statuette...

Martin ScorseseLa cérémonie des Oscars vient de se terminer après près de quatre heures, et finalement, après des décennies de contribution au Cinéma avec un grand C, Martin Scorsese a obtenu son Oscar de meilleur réalisateur pour The Departed, justice est faite pour un des plus grands réalisateurs de tous les temps et un des meilleurs films de 2006 qui sort de la soirée avec 3 trophées.

Je vais faire dodo maintenant, bonne nuit et bon début de semaine à toutes et à tous.

jeudi 22 février 2007

Film: Breach ... Cooper en pleine forme

BreachOpinion ★★
De nos jours où le terrorisme international est devenu la principale menace à la stabilité et la sécurité de plusieurs pays, on se sentirait presque nostalgiques de la guerre froide entre les É-U et l'URSS. Ça doit être la nature humaine qui aime les choses simples, un ennemi bien défini, en l'occurrence un État contre lequel les règles d'engagement sont claires.

Breach nous emmène donc au cœur d'un des plus importants scandales que le FBI ait connu: Robert Hanssen (Chris Cooper) un des principaux responsables du contre-espionnage anti-soviétique, pendant près d'un quart de siècle au sein du Bureau, était en fait une taupe qui travaillait au service des russes. Avec un dossier irréprochable, une carrière de près de 25 ans dans le contre-espionnage, allant à l'église chaque jour, Hanssen s'avère un poisson difficile à attraper en flagrant délit.

BreachDe peur de le voir passer à travers des filets judiciaires, les responsables du FBI, qui commencent à soupçonner Hanssen vers la fin des années 1990, lui collent un jeune stagiaire du FBI, Eric O'Neill (Ryan Phillippe) pour le surveiller et noter tous ses mouvements afin d'essayer de l'arrêter à la prochaine livraison d'informations confidentielles.

Le supérieurs d'O'Neill lui font croire qu'il surveille Hanssen afin qu'ils puissent anticiper et contrôler tout harcèlement sexuel auquel il pourrait s'essayer contre ses collègues féminines. Mais le jeune stagiaire finit par exiger la vérité de ses supérieurs. Il entame à ce moment là les efforts de recueillir les renseignements sur Hanssen afin de prouver sa culpabilité; un dangereux exercice.

La mise en scène et la distribution sont bonnes dans l'ensemble, mais réellement c'est un Chris Cooper en grande forme qui porte le film avec une interprétation exceptionnelle. Un bon film de suspense.

samedi 10 février 2007

Film: Letters from Iwo Jima ... l'autre perspective

Letters from Iwo Jima posterOpinion ★★
Ce film est le second volet de la saga de la bataille d'Iwo Jima dont la première partie Flags of Our Fathers est sortie l'automne passé.

Ceci n'est pas une suite, mais bien film indépendant qui dépeint la vie des soldats japonais sur cette ile que les américains s'apprêtent à attaquer en ce printemps de 1945.

L'histoire débute lorsque le général Tadamichi Kuribayashi, interprété par Ken Watanabe (Batman Begins, The Last Samurai), arrive à la fin de 1943 sur Iwo Jima pour y préparer les défenses contre un probable débarquement américain.

Il bouscule la façon de faire des militaires japonais sur place avec des tactiques réalistes que plusieurs de ses officiers désapprouvent. Il rompt également durant la bataille avec la tradition de suicide pour laver le déshonneur de la défaite et ordonne à ses soldats de rester vivants le plus longtemps possible en se repliant afin de garder l'ile territoire japonais.

Ken WatanabeMais il ne faut pas s'y méprendre, le film n'est pas un récit militaire mais une histoire sur la condition humaine durant la guerre, la peur qui habite les hommes des deux bords durant ses horreurs et l'espoir de revoir les proches laissés au pays.

A travers la narration des lettres envoyées aux proches (d'où le titre), le film fait plusieurs va-et-vient entre la vie des soldats sur l'ile et leurs souvenirs, au japon pour plusieurs soldats, et aux É-U pour le général Kuribayashi qui fût attaché militaire à l'ambassade japonaise à Washington avant la guerre. A noter que le film a été tourné en japonais; j'ai l'occasion d'aller voir la version sous-titrée en Anglais.

Clint Eastwood signe ici une œuvre majeure, poignante et pleine d'humanité, un film de la qualité de Million Dollar Baby. Au fait, ai-je mentionné que c'est encore le génial Paul Haggis (un Canadien!) qui a écrit les scénarios des deux films!

Letters from Iwo Jima et nommé pour quatre Oscars dont ceux de meilleur film, meilleure mise en scène et meilleur scénario. Mon cœur penche vers The Departed, mais si Eastwood l'emporte, je serais tout aussi content. Deux films à voir absolument!

Letters from Iwo Jima

dimanche 4 février 2007

DVD: An Inconvenient Truth ... réveillez les sceptiques

An Inconvenient TruthOpinion ★★
Ce weekend la météo sur Montréal est revenue à ce que l'hiver est d'habitude en ce temps-ci de l'année, c'est à dire du -18º avec le facteur vent (refroidissement éolien) à -30º. On pourrait presque croire que le réchauffement climatique n'est qu'une légende urbaine.

Mais ça serait oublier que nous avons connu cette année au Canada l'hiver le plus chaud depuis que les températures sont relevées dans le pays.

Pour expliquer le phénomène et répliquer aux sceptiques, Al Gore a participé à l'élaboration de ce documentaire sur une vérité qui dérange beaucoup d'hommes puissants, en particulier dans les industries du pétrole et de l'automobile.

A l'inverse des documentaires-spectacles comme ceux de Michael Moore, celui de Gore prône un style posé, basé sur les faits et les résultats des recherches pour exposer la situation critique dans laquelle vit la planète aujourd'hui.

Al Gore dans un style accrocheur mais serein, tel un professeur «cool» nous explique les phénomènes en action, la responsabilité collective que nous avons tous dans cet état des choses, et l'urgence d'agir. Et dire qu'il s'est fait volé la victoire aux élections de 2000! Bien dommage. A voir absolument.

Al Gore

mardi 30 janvier 2007

Film: The Good German ... de l'esthétique et peu d'âme

The Good GermanOpinion ★★
Déception à la sortie de ce film de Soderbergh. The Good German est une pâle imitation des classiques des années 1940 comme Casablanca ou The Third Man. C'est bien dommage pour un film à l'esthétique irréprochable.

C'est l'histoire de Jake Geismer (George Clooney), un correspondant de guerre américain qui débarque à Berlin en cet été 1945 pour couvrir une conférence entre américains, russes et britanniques, en pleine manœuvres politiques, diplomatiques et coups bas entre les services de renseignements américains et soviétiques pour le partage de l'Allemagne et le contrôle de l'Europe.

Cependant, Jake ne peut s'empêcher de penser à Lena (Cate Blanchett) une allemande qui a travaillé pour lui avant la guerre à Berlin et dont il était épris lorsque la guerre les a séparés. La retrouvaille se produit plutôt qu'il ne le pensait.

Afin de protéger son jeune époux, Lena vend son corps aux américains dans l'espoir de sortir d'Allemagne avec son mari qui faisait partie de l'équipe de scientifiques allemands qui ont conçu les missiles V2. Le problème est que dans le camp scientifique où ils ont travaillé, des prisonniers juifs y travaillaient 24h/24 jusqu'à la mort. Le couple est donc passible de jugement pour crime de guerre.

The Good GermanL'histoire donc va tourner autour de la survie de Lena et son époux, des tractations politiques, des américains qui sont prêts à fermer les yeux sur les crimes de certains pour gagner leur expertise en balistique.

Bref, rien que d'essayer de résumer l'histoire me donne un mal de tête, et c'est bien là mon grand reproche au film qui se perd à mi-chemin entre l'intrigue politique et d'espionnage du style de The Third Man et la romance de deux amants perdus à la Casablanca.

Bien dommage car l'effort était louable avec une distribution qui incluait Tobey Maguire ou encore Beau Bridges.

samedi 13 janvier 2007

DVD: Following... prémice à Memento

Following posterOpinion ★★
Avec près de 8 ans de retard, j'ai loué Following (1998) de Christopher Nolan; c'est le premier long métrage de ce prodige du cinéma britannique.

On reconnait rapidement le style Nolan à travers une chronologie non-linéaire des évènements, avec des allers et retours dans le temps, mais de manière moins «chaotique» que Memento.

C'est l'histoire de Bill (Jeremy Theobald), un chômeur qui a des ambitions d'écrivain et qui cherche à tuer le «temps libre» que sa situation sociale précaire lui procure. Il décide de suivre des gens au hasard dans la rue, d'où le titre du film, afin de connaitre leur parcours quotidien, sans toutefois interférer dans leurs vies. Il espère pouvoir s'en inspirer pour son écriture.

Il se fixe toutefois des règles pour ne pas dégénérer en psychopathe: ne jamais suivre la même personne deux fois, ne jamais suivre des femmes dans des ruelles, etc.

Following: Bill & CobbTout va changer lorsque Cobb (Alex Haw), un gentleman cambrioleur, se rend compte du manège de Bill. Mais au lieu de le semer, Cobb va à la rencontre de Bill, et lui propose de se joindre à ses cambriolages. Cobb apprend à Bill les dessous du «métier» et lui montre les petites touches qu'il laisse à son passage dans les appartements de ses victimes, comme des sous-vêtements féminins afin mettre du piquant dans la vie de ces inconnus.

Au détour d'un cambriolage, Bill est fasciné par les photos d'une des victimes, la blonde (Lucy Russell) qu'il cherche à rencontrer, et c'est là que l'histoire se complique. La fin de l'intrigue réserve d'assez bonnes surprises. Mais à vous de les découvrir.

Nolan démontre un talent certain d'écriture et de mise en scène qui se confirmeront par la suite dans Memento, Insomnia, Batman Begins ou plus récemment avec The Prestige. A noter que Nolan a inclus des petits rôles à Jeremy Theolbald et Lucy Russell dans Batman Begins.

Following: The Blonde

dimanche 7 janvier 2007

Film: Children of Men

Children of Men posterOpinion ★★
La littérature britannique a produit plusieurs auteurs futuristes, de George Orwell et son fameux Nineteen Eighty-Four à Aldous Huxley avec Brave New World, avec une vision de l'avenir souvent très sombre. Mais contrairement à ces deux classiques publiés dans la première moitié du 20e siècle, The Children of Men de P.D. James a été publié en 1992.

L'histoire se déroule en 2027, l'infertilité s'est généralisée depuis près de 18 ans chez les femmes du monde entier, ce qui au fond revient à la condamnation de l'humanité à la disparation. Personne n'arrive à expliquer la raison de l'infertilité: certains accusent la pollution, d'autres les manipulations génétiques ou encore une malédiction divine.

Clive Owen & Julianne MooreLe monde plonge dans le désespoir qui mène à des tensions sociales et des violences quotidiennes.

Dans ce monde du futur, la Grande Bretagne est devenue une «forteresse policière», un peu à celle décrite par Orwell, où l'État contrôle tout le monde, persécute les immigrants clandestins et les garde dans des camps de concentration avant de les expulser par bateau. Une résistance armée s'active mais cela ne fait qu'aggraver la tension et le chaos dans le pays.

C'est dans cet environnement que Julian (Julianne Moore) une résistante à l'oppression de l'État contacte son ex-mari Theo (Clive Owen) pour lui demander de l'aider à sortir du pays la jeune immigrante clandestine Kee (Clare-Hope Ashitey) qui représente un miracle pour ses contemporains, car elle est enceinte. Le parcours pour sortir sera chaotique et périlleux pour ses aventuriers. A noter dans le casting, les contributions de Michael Caine et Chiwetel Ejiofor.

C'est le réalisateur mexicain, Alfonso Cuaron (Y Tu Mama Tambien, Harry Potter and the Prisoner of Azkaban) qui a adapté le roman de P.D. James, avec un style direct dont beaucoup de plans avec caméra à l'épaule, comme un reporter de guerre, ce qui rajoute à la tension des scènes.

Excellent long métrage, intelligent et passionné. J'ai aimé les petits clins d'oeil visuels: le prisonnier cagoulé à la manière d'Abu Ghraib, ou encore à la pochette de l'album Animals de Pink Floyd (voir photo ci-dessous).
Children of Men



lundi 1 janvier 2007

Film: Little Children, un petit air d'American Beauty

Little Children posterOpinion ★★
Un petit d'air d'American Beauty souffle sur ce film du réalisateur de In The Bedroom, Todd Field. Ce dernier nous transporte dans une banlieue de classe moyenne typique des É-U, dans une sorte d'étude "anthropologique" de la vie de ses gens: leurs désirs, leurs angoisses, leurs préjugés, le tout dans une hypocrisie invraisemblable que le film démantèle petit à petit.

Mais contrairement à l'oeuvre de Mendes qui pouvait nous soutirer un sourire ou deux, celle de Field prend une approche plus "crue" dans sa façon de dépeindre les situations dans lesquelles se retrouvent ses personnages. Personnellement, j'ai été mal à l'aise avec deux ou trois scènes où le réalisateur ne montre rien, mais où il suggère de manière explicite ce qui se passe. C'est le signe qu'il réussit à toucher ses spectateurs.

En opposition à cette brutalité des situations, Field expose merveilleusement les sentiments des gens, de manière qui ne laisse personne indifférent, et sait très bien faire croiser les différents personnages et histoires du film.

Winslet & WilsonC'est Kate Winslet (conjointe de Sam Mendes!) qui tient le principal rôle d'une mère au foyer , Sarah, qui se sent "coincée" dans une vie monotone, entre son mari accroc du travail et un environnement aseptisée qui lui ont enlevé la joie de vivre. Elle croise Brad (Patrick Wilson) un père de famille, ancienne gloire de football collégial qui a du mal à se reconvertir dans autre chose et qui se sent diminué par son épouse Kathy (Jennifer Connelly); le tout dans un voisinage où un potentiel pédophile vient d'être relâché de prison après un premier délit d'exhibitionnisme. J'arrête la description ici pour ne rien révéler de l'histoire.

La direction de la photo et le montage sont excellents, avec une petite touche de narration subtile et bien dosée. La musique est signée Thomas Newman, et oui, le compositeur d'American Beauty.

On a à faire à un des meilleurs films de l'année en ce qui me concerne. Avec ses nominations aux Golden Globe, le chemin est bien tracé pour les Oscars. Voici la bande annonce du film (cliquez sur > pour visionner):

Film: Angel-A, ça devrait plutôt être «C»

Angel-ABonne année 2007 !

Opinion ★★
En cette première chronique de l'année, un «petit» film qui est sorti au Québec un an après la France. Il s'agit d'Angel-A, l'avant dernier long-métrage de Luc Besson.

C'est Jamel Debbouze qui interprète le rôle principal d'un jeune escroc, André Moussa, qui doit de l'argent à plusieurs malfrats de Paris. Ces derniers s'impatientent de récupérer leur argent, et la pression s'accentue sur André dont la vie est très menacée.

Dans un moment de désespoir, André est sur le point de se jeter d'un des ponts de Paris, c'est alors qu'il croise Angel-A (Rie Rasmussen) une belle blonde au physique de top-modèle (c'en est un!) qui est sur le point de se jeter du même pont. Cette rencontre va changer le cours leurs vies.

Rasmussen & DebbouzePendant une partie du film, le scénariste essaie de maintenir un faux suspense: est-ce que Angel-A est réelle? est-ce un ange? mais sans trop insister car on finit par le savoir assez rapidement. Pour connaitre le reste du film, qui n'est pas extraordinaire, le DVD fera l'affaire!

Et oui, déception d'un film dont l'esthétique Besson est toujours irréprochable, mais qui malheureusement manque d'énergie, et que même un Jamel n'a pu sauver avec toute l'énergie dont il est capable. Je reste également sceptique quant au choix de Rie Rasmussen, qui donnait du plaisir à la regarder, mais dont la performance était pour le moins pathétique. Elle devrait en rester à son métier de top-modèle ou encore à des navets comme Femme Fatale.